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Les 3 piliers de la gestion de trésorerie : BFR, flux et liquidité

La gestion de trésorerie ne se résume pas à consulter ses comptes bancaires chaque matin. Elle repose sur trois piliers complémentaires : la gestion du besoin en fonds de roulement, la gestion des flux de trésorerie et la gestion de la liquidité. Comprendre leur articulation permet de savoir où agir pour améliorer durablement la santé financière de l'entreprise.

Trois domaines étroitement liés

Ces trois piliers ne fonctionnent pas isolément. Les créances clients génèrent des encaissements, les dettes fournisseurs génèrent des paiements, et ces mouvements font augmenter ou diminuer la liquidité disponible. Le travail du cash manager consiste à superviser l'ensemble du processus et à s'accorder avec les différents partenaires internes sur des politiques cohérentes, des objectifs partagés et des outils adaptés.

Pilier 1 : la gestion du BFR

Le BFR opérationnel se calcule ainsi : créances clients + stocks - dettes fournisseurs. Il traduit l'argent immobilisé dans le cycle d'exploitation. Trois processus le composent :

L'objectif : réduire le BFR net, libérer du cash issu de l'exploitation et arbitrer entre coûts, qualité de service et risques.

Pilier 2 : la gestion des flux de trésorerie

Encaissement des clients, paiement des fournisseurs, des impôts et des salaires, opérations entre filiales, opérations de trésorerie : les flux sont nombreux. L'entreprise cherche à disposer d'un processus fiable, à limiter ses coûts de traitement internes et externes, et à maîtriser le calendrier de chaque opération pour que chacune intervienne juste à temps. Les leviers d'économie sont le traitement automatisé de bout en bout (straight-through processing), la négociation des tarifs bancaires et l'optimisation du routage des flux, particulièrement à l'international.

Pilier 3 : la gestion de la liquidité

Chaque matin, le cash manager identifie les soldes détenus auprès de chaque banque, sur chaque compte et dans chaque devise. Il les compare à la position attendue selon les prévisions de trésorerie, puis déplace les fonds, manuellement ou par cash pooling automatisé, vers des comptes de concentration. Les excédents compensent les déficits, et le solde net peut être placé ou financé sur les marchés monétaires. Cette gestion comprend aussi la prévision des positions futures, le suivi des taux d'intérêt et l'exécution des placements et des financements.

Qui fait quoi dans l'entreprise ?

Dans de nombreuses entreprises, le trésorier n'a pas la responsabilité directe des créances, des stocks et des dettes : celle-ci revient aux équipes commerciales, aux achats et au contrôle financier. On observe toutefois des initiatives transverses d'amélioration du BFR où les trésoriers interviennent comme conseillers ou pilotes, et certaines organisations nomment un responsable BFR dédié, au sein ou en dehors de la trésorerie.

À retenir

Réussir sa gestion de trésorerie suppose des politiques claires, validées par la direction, avec des objectifs mesurables, mais aussi une infrastructure adaptée : organisation, banques, structure de comptes et, surtout, systèmes d'information fiables. Sans données complètes et à jour, aucun des trois piliers ne peut être piloté efficacement.