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Frais bancaires : commissions, float, jours de valeur et marges expliqués aux entreprises

Choisir sa banque uniquement sur le prix d'un virement, c'est passer à côté de l'essentiel. Pour négocier efficacement, il faut comprendre comment la banque gagne de l'argent sur les flux de son client, et pourquoi cette activité l'intéresse autant.

Pourquoi les banques tiennent à cette activité

Développer une offre de cash management coûte cher : plateformes technologiques, conformité aux directives sur les services de paiement, au SEPA et à la lutte contre la fraude, filtrage anti-blanchiment, équipes de support. Le cycle de vente est long : pour les grandes entreprises qui choisissent leurs partenaires par appel d'offres, il peut s'écouler au moins neuf mois entre le lancement de la procédure et les premiers flux.

Malgré cela, les banques y tiennent pour trois raisons. C'est d'abord une source de revenus réguliers, liés à l'activité du client. C'est ensuite un formidable outil de fidélisation : changer de banque est long, coûteux et risqué, et la connaissance des flux ouvre des ventes croisées (change, placements, financement du commerce international). C'est enfin une activité qui consomme peu ou pas d'actifs pondérés du risque et qui collecte des liquidités stables, très utiles pour les ratios réglementaires de Bâle III comme le LCR.

Les trois sources de revenus directs

Les commissions. Elles prennent plusieurs formes : à l'opération (un virement coûte x euros), au fichier remis, à l'abonnement (tenue de compte, accès au portail, abonnement EBICS), à la ligne (encore courante à l'international) ou en pourcentage du montant des flux au débit. Elles ne sont pas toujours transparentes et sont parfois sous-évaluées par les clients.

Le float et les jours de valeur. Le float est l'écart entre la date d'opération en compte et la date de débit ou de crédit dans les systèmes interbancaires. Le jour de valeur détermine la date à partir de laquelle les fonds sont réellement disponibles, et donc la base de calcul des intérêts. Un compte peut être créditeur comptablement mais débiteur en valeur, ce qui génère des intérêts débiteurs. Ces pratiques sont aujourd'hui très encadrées en Europe par la directive sur les services de paiement et la législation française.

Les marges sur dépôts. Longtemps première source de revenus, elles dépendent de la courbe des taux courts. Après des années de taux négatifs, les banques ont fait évoluer leurs conditions et peuvent augmenter, baisser ou annuler la rémunération des comptes créditeurs. Certaines réglementations interdisant les taux négatifs, on voit apparaître des commissions pour liquidité excessive.

Le cas particulier de la commission d'interchange

Neutre pour les revenus nets de la banque, elle pèse sur la tarification client. Il s'agit d'un montant versé par la banque du créancier à celle du débiteur, notamment sur les prélèvements, effets et opérations monétiques. La banque la répercute dans le prix du service.

Comparer les offres : le Bank Service Billing

Une solution venue d'Amérique du Nord puis adoptée d'abord en Allemagne intéresse les trésoriers français : le Bank Service Billing. La banque fournit un fichier normé reprenant l'ensemble des volumes d'opérations et leur tarification, ce qui permet de comparer plus simplement la facturation de chaque banque dans plusieurs pays.

Ce qu'il faut retenir pour votre négociation